Santé des femmes

SOPK renommé SMOP : ce qui change, et ce qui ne change pas

Depuis mai 2026, le SOPK a changé de nom. Voici ce que ça signifie vraiment, pour vous ou pour vos patientes selon la version choisie.

Ce qui change, en clair

Depuis mai 2026, le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) devient le SMOP (syndrome métabolique ovarien polyendocrinien). Ce syndrome ne concerne pas que les ovaires : il touche les hormones, le sucre dans le sang, le poids, le cœur et le moral. Bref, tout le corps. Si vous aviez déjà ce diagnostic, il reste valable : seul le nom change.

« Mais je n'ai pas de kystes ? »

En réalité, il n'y a jamais eu de kystes. Ce qu'on voit à l'échographie (l'examen qui utilise des ultrasons pour observer les organes), ce sont de petits follicules (des ovules en attente de maturation), pas des kystes. Beaucoup de femmes concernées n'ont d'ailleurs aucune anomalie visible sur les ovaires. On peut donc avoir un SMOP sans le moindre kyste : c'est tout le problème de l'ancien nom.

Un terrain à surveiller

Pas pour faire peur, mais pour mieux se protéger :

  • Un œil sur le sucre dans le sang et sur le cœur
  • Un suivi gynécologique régulier, surtout si les règles se font rares
  • Concevoir un enfant peut demander plus de temps, mais c'est l'un des troubles les mieux accompagnés
  • Le sommeil, le foie et le moral, souvent oubliés, ne sont pas à négliger

Rien n'est écrit d'avance : connaître son terrain, c'est reprendre la main.

L'histoire de la clé

Quand on a un SMOP, on a plus de risques d'avoir une insulinorésistance (une moins bonne réponse du corps à l'insuline), même si ce n'est pas le cas de toutes les femmes concernées. L'insuline est comme une clé qui ouvre les cellules pour y faire entrer le sucre. Ici, la serrure répond mal, alors le corps fabrique de plus en plus de clés. Cet excès d'insuline pousse les ovaires à produire trop d'hormones masculines, ce qui explique l'acné, la pilosité (les poils en excès) et les cycles déréglés.

Parmi les femmes ayant un SMOP : environ 8 sur 10 sont concernées par cette insulinorésistance en cas de surpoids, contre 3 à 4 sur 10 quand ce n'est pas le cas. Aucun jugement à avoir sur le physique : il ne dit rien de la gravité du trouble.

Le quotidien d'abord

Avant tout complément, la base reconnue par les recommandations reste l'hygiène de vie. Une alimentation qui évite les pics de sucre, du mouvement, et du sommeil : ça agit directement sur la fameuse « serrure ». Soyons honnêtes : ça ne guérit pas le SMOP et ça ne fait pas tout, mais c'est le levier le plus solide. Une pièce essentielle du puzzle, pas la seule.

Ce qui peut aider

Ce qui peut aiderCe que ça apporteÀ savoir
Inositol (forme 40:1)Aide à apaiser la « serrure » et à régulariser les cyclesLe plus étudié et le mieux documenté
Tisane de menthe verte (en infusion)Aide à réduire l'excès d'hormones masculines (acné, poils)Différente de la menthe poivrée et de l'huile essentielle
GattilierPeut aider à régulariser les cycles en agissant sur les hormonesÀ encadrer avec un professionnel
Oméga-3Utiles pour le cœur et l'inflammation (la réaction de défense du corps)Ne corrige pas le sucre

Certains compléments, comme la berbérine, agissent sur le sucre mais sont déconseillés en cas de grossesse ou de désir de bébé, et peuvent interagir avec des médicaments. Jamais en automédication (se soigner seule sans avis professionnel) : à n'envisager qu'avec un professionnel de santé.

Le SMOP n'est pas « des ovaires capricieux ». C'est un terrain métabolique et hormonal, avec de vrais leviers, surtout bien accompagnée.

Sources

  • The Lancet, 2026 : consensus international sur le renommage du SOPK en SMOP
  • Recommandation internationale 2023 (Teede et al.)
  • Méta-analyses PubMed : inositol, oméga-3, menthe verte (Mentha spicata), gattilier

SOPK devient SMOP : ce que change le consensus de mai 2026

Le 12 mai 2026, lors du Congrès européen d'endocrinologie à Prague, un consensus international publié dans The Lancet a officialisé le renommage du SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) en SMOP (syndrome métabolique ovarien polyendocrinien), polyendocrine metabolic ovarian syndrome (PMOS) en anglais. Ce changement est l'aboutissement de 11 ans de travaux et de la consultation de plus de 22 000 patientes, cliniciens et chercheurs, validé par 56 organisations internationales.

Le terme « polykystique » était trompeur : les structures visibles à l'échographie sont des follicules immatures, pas des kystes, et une part significative des femmes concernées ne présente aucune anomalie ovarienne. Le nouveau nom reconnaît la dimension hormonale, métabolique et psychologique du syndrome. La prise en charge clinique reste identique : examens, traitements et suivi ne changent pas. La transition vers la nouvelle nomenclature se fera progressivement jusqu'en 2028 dans les dossiers médicaux et les recommandations.

Présentation clinique hétérogène : cycles irréguliers ou absents, acné persistante, pilosité (visage, corps), chute de cheveux, difficultés à concevoir, fatigue, prise de poids difficile à gérer, retentissement émotionnel. Le tableau varie beaucoup d'une femme à l'autre, ce qui explique un diagnostic souvent tardif.

Comment le diagnostic est posé

Le diagnostic repose sur les critères de Rotterdam, qui restent la référence après le renommage : la présence d'au moins deux critères sur trois, une fois écartés les diagnostics différentiels (pathologie thyroïdienne, hyperprolactinémie, hyperplasie congénitale des surrénales non classique, syndrome de Cushing, tumeur sécrétant des androgènes).

  • Oligo-anovulation (ovulation absente ou irrégulière) : cycles de plus de 35 jours, aménorrhée, ou moins de 8 cycles par an
  • Hyperandrogénie clinique ou biologique : hirsutisme, acné, alopécie de type masculin, ou élévation biologique des androgènes
  • Morphologie ovarienne polykystique à l'échographie : au moins 12 follicules de 2 à 9 mm de diamètre et/ou un volume ovarien supérieur à 10 mL sur au moins un ovaire

Ces trois critères définissent quatre phénotypes cliniques : A (les trois critères réunis, le profil métabolique le plus à risque), B (hyperandrogénie et anovulation, sans morphologie ovarienne caractéristique), C (hyperandrogénie et morphologie ovarienne, cycles conservés), D (anovulation et morphologie ovarienne, sans hyperandrogénie, le profil métabolique le plus favorable).

Une proposition de classification plus récente, dite EGOI-PCOS, va plus loin. Elle suggère de désigner les phénotypes hyperandrogéniques à profil métabolique altéré comme un syndrome endocrino-métabolique (EMS) à part entière, et de reclasser le phénotype D (sans hyperandrogénie) comme un trouble ovarien multifolliculaire distinct (MFOD), plutôt que comme une forme du même syndrome. Cette proposition, publiée en 2025, n'est pas encore un standard international repris dans les guidelines officielles. Elle illustre une direction de recherche cohérente avec l'esprit du renommage SMOP, elle mérite d'être présentée même si c'est avec prudence tant qu'elle n'est pas plus largement validée.

Le mécanisme insulino-ovarien

Le SMOP est associé à un risque accru d'insulinorésistance, sans concerner la totalité des femmes touchées. L'insulinorésistance pousse le pancréas à sécréter davantage d'insuline pour maintenir la glycémie. Cet hyperinsulinisme stimule la production ovarienne d'androgènes (hormones masculines), à l'origine de l'acné, de l'hirsutisme (pilosité excessive) et des troubles du cycle. Environ 80% des femmes concernées en situation de surpoids présentent une insulinorésistance, contre 30 à 40% de celles qui n'en présentent pas.

Un risque cardiovasculaire à surveiller sur le long terme

Une méta-analyse portant sur plus d'un million de femmes, réalisée pour la mise à jour 2023 des recommandations internationales, retrouve une augmentation du risque de maladie cardiovasculaire composite, de cardiopathie ischémique et d'infarctus du myocarde chez les femmes atteintes de SMOP, sans augmentation démontrée de la mortalité cardiovasculaire spécifiquement. Sur cette base, les recommandations 2023 préconisent une évaluation systématique du risque cardiovasculaire chez toute femme atteinte de SMOP, indépendamment de l'âge ou de l'indice de masse corporelle.

Les leviers qui aident, et dans quel ordre

ApprocheCe que ça apportePrécautionsNiveau de preuve
Hygiène de vieAgit sur la sensibilité à l'insuline, à la racinePremière intention, sans stigmatisation du poidsSolide
Inositol (ratio myo/D-chiro 40:1)Diminution de la testostérone libre, de l'insuline à jeun et du HOMA-IR (indice de résistance à l'insuline)L'appui le mieux documentéSolide
Oméga-3 (EPA/DHA)Profil lipidique et inflammationPas un correcteur fiable de l'insulinorésistanceIntermédiaire
Gattilier (Vitex agnus-castus)Aide à régulariser les cyclesAgit sur la prolactine, à encadrer en cas de grossesse ou de traitement hormonalIntermédiaire
Menthe verte (Mentha spicata, en infusion)Effet anti-androgène doux (acné, pilosité)Différente de la menthe poivrée et de l'huile essentielleIntermédiaire
ChromeEffet modeste sur l'insuline à jeunSi insulinorésistance confirméeLimité
BerbérineDiminution du HOMA-IR, de la glycémie à jeun, de l'inflammationJamais en désir de grossesse. Interactions médicamenteusesIntermédiaire

Niveau de preuve : solide, intermédiaire ou limité. Aucune approche ne « guérit » le SMOP : ce sont des appuis, choisis selon le profil de la personne concernée.

Sur l'inositol : le myo-inositol augmente la captation cellulaire du glucose, tandis que le D-chiro-inositol stimule la synthèse du glycogène (la mise en réserve du sucre), ce qui réduit conjointement l'insulinorésistance. Le ratio 40:1 reproduit approximativement l'équilibre observé dans un environnement ovarien sain, où le D-chiro-inositol reste minoritaire par rapport au myo-inositol, contrairement à ce qui est observé dans le liquide folliculaire des femmes atteintes de SMOP. Une méta-analyse de référence (Unfer et al., 2014) a montré la supériorité de ce ratio combiné sur le myo-inositol seul pour réduire l'insulinémie à jeun et la testostérone chez les phénotypes avec insulinorésistance.

Les autres mécanismes du tableau

Le chrome améliore la sensibilité à l'insuline en agissant directement au niveau du récepteur à l'insuline, ce qui explique son effet modeste mais réel sur la glycémie à jeun.

La berbérine active l'AMPK (une enzyme qui régule l'énergie cellulaire), la même voie que cible la metformine. Cette activation augmente la captation du glucose par les cellules et l'oxydation des acides gras, ce qui explique son effet sur le HOMA-IR et la glycémie à jeun, mais justifie aussi l'encadrement médical nécessaire compte tenu des interactions possibles avec d'autres traitements.

Le gattilier agit comme agoniste dopaminergique sur les récepteurs D2 de l'hypophyse (la glande qui régule de nombreuses hormones), ce qui diminue la sécrétion de prolactine et de LH (hormone lutéinisante), et réduit indirectement la production de testostérone. Ce mécanisme est pertinent en cas d'hyperprolactinémie associée, mais justifie la prudence en cas de désir de grossesse ou de traitement hormonal, la régulation de l'axe hormonal étant globale et non ciblée.

La menthe verte agit en inhibant la 5-alpha-réductase (l'enzyme qui transforme la testostérone en DHT, une forme plus active de l'hormone), et contient des composés (acide rosmarinique, flavonoïdes) qui favorisent l'élimination des androgènes en excès. Un essai contrôlé randomisé sur 12 semaines a montré une baisse d'environ 15% de la testostérone chez des femmes atteintes de SMOP consommant l'infusion deux fois par jour, contre 12% chez des femmes non atteintes.

Le SMOP illustre un principe plus large : traiter un symptôme isolé (l'acné, les cycles irréguliers) sans adresser le terrain métabolique sous-jacent limite l'efficacité de toute prise en charge à long terme.

Sources

  • The Lancet, mai 2026 : consensus international sur le renommage du SOPK en SMOP (Congrès européen d'endocrinologie, Prague)
  • Teede H et al., 2023. International evidence-based guideline for the assessment and management of polycystic ovary syndrome. Monash University, European Journal of Endocrinology / JCEM
  • Critères de Rotterdam (ESHRE/ASRM) pour le diagnostic, quatre phénotypes A à D
  • EGOI-PCOS, 2025. From Ovarian to Endocrine-Metabolic Roots : Aligning PCOS Nomenclature with Pathophysiology. Journal of Obstetrics and Gynecology of India (Springer), proposition de classification EMS / MFOD à considérer avec prudence
  • 2023 International Evidence-Based PCOS Guideline Update : méta-analyse sur le risque cardiovasculaire (plus d'un million de femmes). Journal of the American Heart Association (PMC)
  • Unfer V et al., 2014. Effects of myo-inositol/D-chiro-inositol ratio 40:1 in PCOS. Méta-analyse (PubMed)
  • Mécanisme du chrome et essai comparatif chrome/metformine (PMC)
  • Mécanisme de la berbérine (activation de l'AMPK) : PMC, effet comparable à la metformine
  • Vitex agnus-castus, mécanisme dopaminergique sur la prolactine et la LH : Frontiers in Endocrinology, 2023 (PMC)
  • Mentha spicata (menthe verte), essai contrôlé randomisé sur la testostérone : Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, méta-analyse complémentaire (e-cnr.org)

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